Pot de lavande sur un balcon, plante anti-moustiques

Plantes anti-moustiques pour balcon

Le moustique tigre s’est installé en Isère il y a une bonne dizaine d’années et, depuis, les soirées d’été sur les balcons de Grenoble ont changé d’ambiance. À la boutique, chaque mois de juin ramenait la même question : « Vous auriez des plantes contre les moustiques ? » Ma réponse n’a jamais varié. Oui, certaines aident. Non, aucune ne fera le travail toute seule. Voyons ce qui marche, ce qui relève de la légende de jardinerie, et comment cultiver tout ça en pot.

Comment ces plantes agissent, et pourquoi ça ne suffit pas

Les plantes dites anti-moustiques produisent des huiles riches en molécules odorantes : citronellal et géraniol chez la citronnelle et le pélargonium, menthol chez la menthe, linalol chez la lavande et le basilic citron. Ces composés brouillent les capteurs du moustique, qui repère ses proies au CO2 et aux odeurs de peau. Une femelle qui vous cherche dans un nuage de géraniol a plus de mal à vous trouver.

Voilà pour la théorie. En pratique, une plante tranquille dans son pot libère très peu de ces molécules : l’huile reste stockée dans les feuilles tant qu’on ne les froisse pas. Une jardinière de citronnelle posée à deux mètres de votre chaise ne crée aucun bouclier, quoi qu’en disent les étiquettes. L’effet est réel mais local, quelques dizaines de centimètres autour d’un feuillage remué, et il ne prend de la valeur que combiné à d’autres gestes, dont la chasse aux eaux stagnantes. J’y reviens plus bas.

Les plantes que je retiens pour un balcon

La citronnelle, la plus active

La vraie citronnelle (Cymbopogon citratus, celle des cuisines asiatiques) forme une touffe de longues feuilles rubanées qui embaument dès qu’on les frotte. C’est la plus riche en citronellal, donc la plus efficace du lot. Son point faible : le froid. Elle meurt en dessous de 5 °C, il faut donc la rentrer d’octobre à mai dans une pièce lumineuse. Sur un balcon grenoblois, je la traite en annuelle et j’en rachète un pied chaque printemps à 4 ou 5 €. Le calcul est vite fait.

Le pélargonium odorant, mon préféré

Souvent vendu sous le nom de « géranium citronnelle », c’est celui que je recommandais le plus en boutique. Feuillage découpé, parfum puissant au moindre frôlement, floraison rose en prime, et une vraie tolérance à la sécheresse. Placez-le là où on le frôle en passant, près de la porte-fenêtre ou du fauteuil. Une cliente en mettait un pot de chaque côté de sa baie vitrée et jurait que ses soirées avaient changé. La science dirait qu’elle exagérait un peu. Elle en rachetait pourtant chaque année, et elle se faisait effectivement moins piquer que son mari, assis un mètre plus loin.

Trois autres compagnons complètent bien le tableau :

  • La menthe poivrée : son menthol dérange les moustiques et elle pousse partout, même à mi-ombre. Gardez-la seule dans son pot, sinon elle étouffe tout ce qui vit à côté.
  • Le basilic citron : parfumé, actif, et il finit dans la salade de tomates. Semez-le en mai, pincez-le souvent pour qu’il ramifie.
  • La lavande vraie : du linalol, du plein soleil, très peu d’eau. La plus durable des cinq, elle passe l’hiver dehors sans broncher. Elle a d’ailleurs toute sa place parmi les plantes pour un jardin de cottage, si ce style vous attire.

Les cultiver en pot sans les tuer

Toutes ces plantes vivent bien en pot, à condition de respecter quelques règles que je répète depuis quinze ans.

Le drainage d’abord. Un pot sans trou est un piège mortel, quelle que soit la plante. Percez le fond, ajoutez 3 à 4 cm de billes d’argile, et allégez le terreau d’un tiers de sable pour la lavande et le pélargonium. La menthe et le basilic, eux, préfèrent un terreau plus riche qui garde la fraîcheur. Prévoyez un pot de 30 cm de diamètre au moins pour la citronnelle, elle a de l’appétit.

Le soleil ensuite. Lavande, citronnelle, basilic et pélargonium demandent 6 heures de soleil direct : un balcon sud ou ouest leur va très bien. La menthe accepte l’ombre l’après-midi, et vous remerciera même de la lui offrir vu les étés qu’on connaît maintenant.

L’arrosage, et c’est là que tout le monde se plante, dans les deux sens du terme. Basilic et menthe boivent beaucoup : en juillet, un arrosage quotidien en pot n’a rien d’excessif. Lavande et pélargonium, c’est l’inverse : laissez sécher le terreau entre deux arrosages, l’excès d’eau les tue plus sûrement que la canicule. Et jamais d’eau qui dort dans les soucoupes, on y vient tout de suite.

Renforcer l’effet : les gestes qui font la différence

Le premier geste ne coûte rien : froissez les feuilles. En vous installant dehors, écrasez quelques feuilles de pélargonium ou de menthe entre vos doigts, frottez-en éventuellement vos chevilles (testez d’abord sur une petite zone de peau, certaines réagissent). C’est à ce moment-là que la plante libère vraiment ses huiles, pas avant.

Le deuxième est le plus payant de tous, et il ne concerne pas les plantes : supprimez l’eau stagnante. Le moustique tigre pond dans trois centimètres d’eau, une soucoupe oubliée lui suffit. Videz les coupelles après chaque pluie ou remplissez-les de sable, retournez les arrosoirs, couvrez le récupérateur d’eau. Un balcon sans eau stagnante, c’est déjà les trois quarts du problème réglés, plantes ou pas.

Si vous avez une prise dehors, ajoutez un petit ventilateur : le moustique tigre vole mal, un simple souffle le tient à distance de la table. Et pour les soirées qui comptent, complétez avec un répulsif cutané sur les chevilles. Les plantes parfument, décorent et participent à la défense ; elles n’ont jamais prétendu remplacer une moustiquaire.

Le balcon de ma fille, en plein centre de Grenoble, cumule deux pélargoniums, un pot de menthe, une lavande et zéro soucoupe pleine. On s’y fait piquer, parfois, mais nettement moins qu’à la table des voisins. C’est exactement ce que ces plantes peuvent promettre, et c’est déjà beaucoup.

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